Organisation : Florence Magnot-Ogilvy (Laboratoire CELLAM) et Sophie Mesplède
(Laboratoire ACE, Rennes 2)
Date : jeudi 6 juin 2024
Lieu : Université Rennes 2
Cet évènement est soutenu par le GIS Sociabilités
Depuis le tournant non humain du début du 21ème siècle, de nombreux travaux critiques se sont penchés sur la question animale au XVIIIe siècle, époque où la place de l’humanité dans le monde, le rapport des êtres humains aux animaux non humains, la sensibilité de ces derniers et les débats sur l’âme sensorielle sont au coeur des réflexions des philosophes, des médecins, des naturalistes et des pédagogues.
Peu d’études ont cependant exploré la question des modes d’alimentation carnés ou non carnés spécifiquement sous l’angle de la sociabilité2. Or il s’agit bien de l’une des lignes de partage de la sociabilité, entre hommes et femmes, entre jeunes et moins jeunes, entre personnes d’horizons divers, mais aussi, de façon nouvelle, entre humains et non humains, dans un siècle où les animaux dits « de compagnie » se font une place de choix au sein même des sociabilités humaines3. Dès lors que de plus en plus d’êtres humains développent des relations affectives privilégiées avec des chats, des chiens, des singes, des oiseaux, pour ne citer que quelques espèces compagnes, la réflexion s’engage sur le fait de consommer ou non le corps d’animaux doués de sensibilité et à qui certains naturalistes ou écrivains, tels l’Anglais Lord Monboddo ou le chasseur-philosophe Charles Georges Leroy, auteur de Lettres sur les animaux, reconnaissent la capacité de s’agréger en communautés qui leur semblent proches des sociétés humaines. La tradition du récit à métempsicose, relancée par la vogue de l’orientalisme, s’articule alors, d’une manière inédite, à des réflexions sur le point de vue, la sensibilité et à des réflexions sur l’individualité.
La vogue de l'orientalisme s'articule alors de manière inédite avec des réflexions sur le point de vue, la sensibilité et l'individualité.
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