Appel à contribution pour le 4e numéro de Cigale « Correspondances en territoires industrialisés / Notes from the Industrialized Field »

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Comment soigne-t-on un territoire transformé par des siècles d’aménagement industriel? Quelles pratiques anciennes et naissantes coexistent dans le temps long de la contamination environnementale? De nouveaux paysages relationnels prennent forme à l’orée des milieux humides altérés par les promesses toxiques de la filière batterie. Des initiatives citoyennes cartographient les contours des émanations d’usine, l’information circule et mobilise. Attentif aux violences croisées du colonialisme et du capitalisme sur les possibilités de vivre et d’agir « dans un monde en ruines » (Tsing, 2017), le présent appel recherche des propositions qui réfléchissent, depuis le terrain, aux formes de solidarité, de sensibilités et d’habitation des territoires industrialisés.

Relationnel, ce numéro assemblera une collection de correspondances. Il invite des propositions aux formats libres, allant de l’échange épistolaire, de textes écrits à plusieurs mains, aux témoignages de collaboration (soutenue dans le temps ou épisodique), aux pièces chorales ou à d’autres formes conversationnelles (réelles ou fantasmées). Il convie des écrits ancrés dans des sites spécifiques, dans l’humus forestier ou le gravier des carrières, dans les gestes quotidiens de travail et de défense du territoire; des propositions qui exposent à un niveau granulaire les liens qui unissent matériellement des localités et leurs habitant⋅es à des réseaux globalisés d’échanges commerciaux.

Nous sommes particulièrement intéressé⋅es par des textes portant sur des initiatives citoyennes et/ou artistiques contre des industries extractives et polluantes, sur les relations entre différentes communautés et générations, ainsi qu’entre personnes autochtones et allochtones. « It is quite time to reconcile the hunter and the peasant », a dit, il y a plus de vingt ans déjà, la militante Anishinaabekwe Winona LaDuke. Son appel nous invite à penser des formes de réconciliation qui n’amèneraient pas un aplatissement des différences en un statu quo pacifiant (profitable à l’industrie), mais une responsabilisation intergénérationnelle des colonisateur⋅trices face aux formes de dépossession environnementale et culturelle liées au développement industriel du territoire.

En continuité avec son engagement envers les textes d’artistes – dans une compréhension élargie et inclusive –, Cigale invite des formes d’écriture expérimentale, critique et poétique, ainsi que des propositions qui soulignent le potentiel des pratiques artistiques à nourrir le débat public, la circulation de perspectives sous-représentées et la défense de la justice sociale et environnementale pour tous⋅tes. Ayant à cœur l’engagement local, Cigale sollicite en particulier des propositions portant sur le territoire qu’on nomme Québec, mais est ouverte aux propositions portant sur d’autres espaces géographiques.

Les propositions de textes (300 mots) sont à envoyer à info@cigale-cigale.ca d’ici le 1er août 2025. Les propositions sélectionnées seront annoncées au courant du mois d’août 2025. Un cachet minimum de 150$ CAN sera remis pour chaque texte publié. Les textes finaux auront une longueur d’environ 1000-3000 mots.

N’hésitez pas à nous écrire pour plus d’informations ou si vous avez des questions : Laure Bourgault et AM Trépanier, direction éditoriale, info@cigale-cigale.ca